Gustave-Henri Colin (1828-1910). Marie Carmier, jeune fille sortant de l'église de Ciboure. 1861
Après avoir pris des photos pour effectuer un constat d’état, Léa Boulogne équipée d’un coton et de bâtonnets commence par décrasser la toile avec des solutions aqueuses. Le support est ensuite débarrassé de son vernis qui s’est oxydé et a jauni avec le temps (voir la partie haute droite du tableau - photo 2). Cette opération rend au tableau ses couleurs d’origine. Il recevra ensuite un nouveau vernis de protection plus stable qu’un vernis naturel pour garantir la bonne tenue des couleurs.
Gustave Colin proche des Impressionnistes, avait dans son traitement pictural, un travail très particulier sur le rendu de la lumière. Léa Boulogne rappelle que beaucoup de tableaux avant restauration, perdent les tonalités d’origine, le vernis oxydé altérant la perception des couleurs. « Un filtre jaune sur un ciel bleu va le rendre vert, toute la couleur est ternie et ne reflète donc plus la réalité picturale du tableau. ».
À la restauration, travail esthétique, s’ajoute l’aspect conservatoire, un travail curatifrative) pour préserver la vie du tableau. Les trous sont rebouchés avec un mastic adapté et les lacunes de peinture retouchées. Sur les zones fragilisées, Léa Boulogne procède à un refixage, une technique qui consiste à insérer un adhésif derrière les écailles qui se sont soulevées, pour empêcher que le tableau ne perde de la matière.
