Exposition dossier. Du 18 septembre 2026 au 10 janvier 2027. Salle XIXe s.

Une aventure journalistique savoureuse créée par Hermann-Paul de 1895 à 1898 à Guéthary au Pays Basque 

À l’occasion de l’exposition, Aurélie Despérières a publié l’ouvrage : Hermann-Paul, art et satire au Pays Basque
 

Présentation  Aurkezpena
L’exposition accueille également de généreux prêts du Musée d’Orsay et de la Bibliothèque Nationale de France, de descendants de la famille, de collectionneurs privés. Elle prend place dans l’espace XIXe siècle et raconte comment Hermann-Paul fonde à Guéthary, avec un cercle d’amis, un journal satirique qui campe de manière savoureuse et potache la difficile rencontre entre les touristes et la population locale. Leur point de vue étant situé dans un entre-deux : ils sont Parisiens certes, mais séjournent plus de la moitié de l’année au Pays Basque.

Hermann-Paul : une carrière parisienne
Hermann-Paul (1864-1940) collabore très tôt à de nombreux journaux satiriques : Le Courrier Français à partir de 1894, Le Rire de 1894 à 1933, Le Sourire de 1899 à 1913, L'Assiette au Beurre de 1901 à 1911, etc. Il excelle dans la critique des mœurs de ses contemporains, notamment de celle des bourgeois. Ses idées pacifistes, antimilitaristes et anticléricales s’expriment également dans des caricatures puissantes. Dreyfusard convaincu, il met son crayon au service de la défense du capitaine Alfred Dreyfus et en 1899, couvre pour Le Figaro, le procès en révision à Rennes, ce qui lui offre rapidement une belle notoriété tant cette affaire passionne et divise la France entière.
Membre actif de l’avant-garde parisienne, il participe à l’âge d’or de la lithographie, réalisant plusieurs suites et épreuves isolées. Et avec la naissance de la « réclame », il mène une belle carrière d’affichiste.
Durant cette période, il croque les paysages de la Côte Basque sur de nombreux carnets de croquis conservés au musée d’Orsay. Se mêlent aux portraits de jurés de l’affaire Dreyfus, des dessins figurant son épouse et ses enfants mais aussi les silhouettes reconnaissables de la Rhune et de la campagne basque. Nombreux sont les dessins satiriques parus dans les journaux nationaux à l’image de Marée montante dans Le Cri de Paris (21 mai 1899) ou de ceux du numéro de L’Assiette au Beurre « Chez les Jésuites, une visite au Monastère de saint Ignace de Loyola et au village d’Azpeitia » (24 septembre 1904) qui prennent pour décor le Pays Basque.

Le Fond de Bain, une aventure journalistique à Guéthary à la Belle Époque
Hermann-Paul est un excellent dessinateur et caricaturiste mais il est aussi graveur, xylographe, aquafortiste et peintre, bien que cette dernière partie de son œuvre soit encore méconnue. Installé à Guéthary à partir de 1890, il fait de nombreux allers-retours à Paris et signale à Lucien Puech, qui l’interroge sur sa vie d’artiste pour L’Album dont le n°12 de mai 1902 lui est consacré : « Oh, bien tranquille. Je suis marié, je vis beaucoup chez moi et … c’est tout ». Il y a tout lieu de penser que l’artiste est accaparé, durant les premières années de son mariage, par ses enfants et sa vie de famille, particulièrement lorsqu’il est au Pays Basque. Cependant, on s’interroge sur la manière dont il gère ses allers-venues à Paris et son œuvre : il est probable que, comme d’autres artistes de l’époque, il est principalement à Paris l’hiver et qu’il revient passer l’été au Pays Basque. En 1895, il fonde avec ses amis basques et parisiens Le Fond de Bain, un journal saisonnier qui décrit de manière satirique et fantaisiste le choc culturel et la rencontre savoureuse entre les habitants de Guéthary et plus largement de Au cours de la Première Guerre mondiale, Hermann-Paul collabore au Courrier de Bayonne et du Pays Basque avec des dessins à charge contre les Allemands dont l’écrivain Anatole France loue le caractère incisif. Il éditera même un tiré à part de vingt dessins : « … qu’elle est tragique et belle, votre dernière planche où l’on voit l’enfant aux mains coupées portant l’épée vengeresse ! ».
Durant la guerre, il exécute au canif plusieurs gravures sur bois admirables. Non content d’en faire des tirages, il conserve les matrices qu’il colore comme de véritables petits tableaux. Le musée en conserve deux dans ses collections : La jeune fille de Ciboure et Vue de Ciboure (femmes et enfant). Ces premières tentatives riches en détails, le conduiront à une synthèse puissante qui caractérise son œuvre d’après-guerre lorsqu’il illustre L’Enfer de Dante (1924) ou compose la Danse macabre (1919). Ses bois deviennent alors caractéristiques du style Art Déco. Puis Hermann-Paul après avoir divorcé de sa première femme Joséphine Colin, quitte peu à peu le Pays Basque pour la Camargue où il fréquente l’écrivain Folco de Baroncelli-Javon (1869-1943).

Légende : René Georges Hermann Paul, dit Hermann-Paul (1864 -1940). Femme assise. Dessin.
© Musée Basque et de l’histoire de Bayonne -Baionako Euskal Museoa

 

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