Cartes marines de la région de Terre-Neuve

Une carte marine représente les éléments indispensables à la navigation maritime. Elle doit permettre de situer une position, indiquer un bon cap et évaluer les distances.

Les cartes marines 

Une carte marine représente les éléments indispensables à la navigation maritime. Elle doit permettre de situer une position, indiquer un bon cap et évaluer les distances. Hors avant le XIIème Siècle on naviguait presque exclusivement à la vue des côtes d’après des itinéraires appelés « périples » dans l’Antiquité et « portulans » au Moyen-âge. Puis au XIIème Siècle apparaissent les premières représentations figurées qui restent rudimentaires. La plus ancienne carte marine connue est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque nationale de France. Il s’agit de la carte communément appelé « carte pisane » car découverte à Pise, dessinée vers 1290 au moment des Croisades, et représentant les côtes de la Méditerranée et de la Mer Noire.

Vers 1300 l’invention de la boussole vient améliorer la notion des directions.

Puis au XVIème Siècle Mercator propose une projection cylindrique du globe terrestre sur une carte plane (La plane est un outil pour le travail du bois. Elle est composée d'une lame semblable à celle d'un couteau, munie de deux poignées, à chaque extrémité de la...). Les parallèles et les méridiens sont des lignes droites et l'inévitable étirement Est-Ouest en dehors de l'équateur est accompagné par un étirement Nord-Sud correspondant, de telle sorte que l'échelle Est-Ouest est partout semblable à l'échelle Nord-Sud. Les angles sont ainsi conservés.

Enfin, au XVIIème Siècle avec l’apparition d’instruments de mesure performants, les cartes marines fournissent une description plus précise des côtes. En France en 1720, le Dépôt des cartes et plans de la Marine est créé, dont le but originel est de conserver les documents de navigation nautique, mais il devient rapidement le lieu de production des cartes. En 1773, il obtient du roi le monopole de la production de cartes marines en France.

 

 

 

22.13.1 Eau-Forte

22.13.1 Eau-Forte

 

22.13.1:  L'Isle de Terre-Neuve, l'Acadie ou la Nouvelle Ecosse, l'Isle St Jean et la partie orientale du Canada, 2ème moitié XVIIIème Siècle, BONNE Rigobert ingénieur hydrographe de la Marine.

E.3787 : Carte réduite de la partie septentrionale de l'Isle de Terre-Neuve Dressé au Depost des Cartes et Plans de la Marine Par ordre de M. LE DUC DE CHOISEUL Colonel général de Suisses et Grisons, Ministre de la Guerre et de la Marine, Par le S. Bellin, Ingénieur de la Marine en 1764 et corrigée en 1767.

Cartes françaises du XVIIIème Siècle de la région de Terre-Neuve

L’île de Terre-Neuve est officiellement découverte en 1497 par le marin d’origine génoise Giovanni Caboto. Cependant les premiers européens à avoir posé le pied sur l’île seraient les Vikings au début du Xème Siècle. Puis dès le XIVème Siècle parmi d’autres pêcheurs d’Europe de l’Ouest, les basques ont été présents sur cette terre dans le cadre de la pêche à la morue et de la chasse à la baleine. Cependant c’est suite à l’expédition de Giovanni Caboto que ce territoire intéresse véritablement les européens pour des raisons commerciales. En effet,  en 1583, l’île est occupée par les britanniques. En 1670 une société britannique est créée et détient un monopole commercial sur les alentours de la Baie d’Hudson (nord du Canada). Ce qui entraîne une réaction de la part des français. Le conflit s’achève en 1713 avec le Traité d’Utrecht, signé dans le but de mettre fin à la guerre de succession espagnole. Par ce traité, la France reconnaît la propriété de Terre-Neuve, de la baie d’Hudson et de l’Acadie à l’Angleterre. Elle doit ainsi abandonner la colonie de Plaisance qu’elle avait constituée au sud de Terre-Neuve à l’Angleterre. Cependant elle obtient un droit exclusif de pêche sur la partie nord du littoral de l'île de Terre-Neuve, dite la côte française de Terre-Neuve, le French Shore où vont pêcher les marins basques que l’on retrouve aussi dans la région de Louisbourg et l’Ile Royale (aujourd’hui situé en Nouvelle-Ecosse).  Cependant ces zones étant limitées, de moins en moins de bateaux arment à la baleine. Le XIXème siècle voit le déclin de cette activité. Ainsi la majorité des bateaux basques qui fréquentent les eaux de Terre-Neuve à partir du Traité d’Utrecht pêchent la morue, activité qui s’affaiblit plus tard, à la fin du XIXe Siècle, cependant entre temps elle s’est déplacée vers Saint Pierre et Miquelon au début du XIXe Siècle.

En 1763 le Traité de Paris qui met fin à la Guerre de Conquête entre la France et l’Angleterre pour le contrôle des territoires américains retire à la France le reste des territoires de la Nouvelle-France (du Québec au golfe du Mexique) lui laissant les Antilles ainsi que l’Ile de Saint-Pierre et Miquelon. Cependant les français tiennent à conserver leur droit de pêche dans la zone  de Terre-Neuve c’est ainsi qu’ils continuent de diriger leurs incursions militaires contre Terre-Neuve en 1762 et en 1796, et ont menacé de les reprendre durant la guerre de l'Indépendance américaine.

C’est dans ce contexte que le Dépôt des cartes et plan est chargé par le roi et le ministre de la Guerre et de la Marine de produire des cartes marines de la zone. 

 
E.3787 Eau-forte

E.3787 Eau-forte

Pour aller plus loin :

Site internet du projet transfrontalier de l’Aquarium de San Sebastian et du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne, Balea Irla : http://www.balea-irla.com

Site internet de l’association Itsas Begia oeuvrant à la  sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine et de la culture maritimes basques : http://itsas.begia.pagesperso-orange.fr