Collections textiles du Musée Basque et de l’histoire de Bayonne. 

Du 2 juillet 2021 au 2 janvier 2022, le musée consacre son exposition temporaire de l’année aux textiles présents dans ses collections. Vêtements traditionnels, habits de cérémonies, costumes de danse, robes de poupées,  foulards, châles, linge de maison, mantes à bœufs, sacs, lainages, espadrilles et souliers seront présentés au public, témoignant des pratiques de fabrication et des usages, les trames d’un quotidien aujourd’hui revisité.

Cette première exposition dressera un premier panorama typologique des textiles du territoire et de leur utilisation traditionnelle, jusqu’à leur diffusion au titre d’authentique symbole du Pays Basque.
Une première approche par les matériaux permettra de camper les origines de la tradition textile puis dans une deuxième section, un regard historique s'intéressera à la représentation des textiles et costumes traditionnels. Dans la section trois, la relation entretenue entre le linge de maison et le tissu de confection avec l'arrivée de la mécanisation, s'attachera à montrer l'apport de l'industrie et du tourisme à la tradition textile. Si le territoire a développé un grand savoir-faire dans la fabrication des tissus destinés au trousseau et à l’usage cultuel ; à partir du dernier quart du XIX e siècle qui est la période la mieux connue, une diversification a lieu et désormais peu d’étoffes locales entrent dans la confection des costumes traditionnels. Il semble qu’il y ait eu beaucoup d’échanges entre la confection locale et les tissus importés ; l'arrivée du fil de coton constitue également un point de départ à la diversification de la production locale.
Enfin, l'exposition s'attache au travers des rituels, des fêtes et des coutumes, à montrer comment les tissus portés traditionnellement pour le travail ou le costume « du Dimanche » sont devenus des vecteurs identitaires, véhiculés par la danse, qu’elle soit folklorique ou savante.

Un chantier restauration textile

De 1926 jusqu'à 1998, certains costumes sont restés exposés 72 ans à la lumière et à la poussière qui sont des facteurs de dégradation irréversibles. Au début du siècle, la conservation préventive n'existait pas et personne ne se doutait alors que certains costumes pourraient devenir de précieux témoignages pour le futur. Ils ont donc été abimés par la surexposition puis remisés durant 25 ans. Aujourd'hui, la connaissance de la conservation des textiles nous oblige à davantage de prudence. Les textiles anciens sont très fragiles et souffrent d'usure et de détériorations. Loin d’être de simples reliques, ils nous livrent quantité de renseignements sur des modes de fabrication aujourd'hui perdus. Les étoffes et vêtements précieux ont fait ce printemps, l’objet d’un chantier-école de conservation et de restauration textile coordonné par Patricia Dal Pra avec la classe de restauration textile de l’Institut National du Patrimoine de Saint-Denis. Une conférence des Jeudis aux musée sera consacrée à ce chantier qui se poursuivra pour les textiles non exposés cette année.

Kaiku de berger (mendigozaile), laine tricotée, artile trikotatua.
Sare, vers 1960. Sara, 1960 inguru. Photo, argazkia: Anouck Oliviero, Anaiz Duperret. © Musée Basque et de l’histoire de Bayonne.