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Les sorcières de José Gonzales de la Peña
Exposition du 26 juin au 27 août 2006


José GONZALES de la PEÑA (Madrid 1886-Anglet 1961)

Né à Madrid dans une famille aristocratique, José Gonzales de la Peña se consacre très jeune à la peinture.
Elève d'Alejandro Ferrant, il participe avant ses 20 ans aux expositions de caricatures de la Sala Iturrioz à Madrid, puis en 1910 à l'exposition nationale des Beaux-Arts. Installé à Paris, il présente plusieurs œuvres dans l'exposition de la " Libre esthétique " à Bruxelles en 1913, et apparaît dans de nombreuses galeries.

A partir des années 1920, il choisit définitivement Anglet comme lieu de résidence.
Depuis son atelier de la villa " Fortuna ", il réalise essentiellement des portraits mais également de nombreuses esquisses sur le thème de la tauromachie et quelques grandes compositions décoratives, comme la salle de la sorcellerie au Musée Basque et de la Tradition Bayonnaise , l'intérieur de l'église d'Arcangues ou la galerie des saints et bienheureux pour le cloître du couvent des Capucins de Bayonne.
Dans les scènes de sorcellerie, de même que dans les nombreux portraits de l'artiste que possède le musée, s'exprime avec vigueur le style qui lui est propre, entre un certain impressionnisme, sensible dans la juxtaposition de grandes touches de couleur, et la tradition classique espagnole qui transparaît dans les jeux d'ombre et de lumière, le réalisme psychologique, cette volonté de traduire avant tout la caractère et l'émotion des personnage.

La salle de la sorcellerie au Musée Basque et de la Tradition Bayonnaise (1938)

La sorcellerie occupe une place importante dans l'histoire et l'imaginaire de la côte basque depuis les retentissants procès en sorcellerie intentés en 1609, sur l'ordre d'Henri IV, par les conseillers au Parlement de Bordeaux Jean d'Espaignet et Pierre de Rostégui de Lancre.

De juillet à octobre 1609, les interrogatoires, avec tortures des accusées (essentiellement des femmes de marins partis à la pêche sur les bancs de Terre-Neuve, mais aussi de simples villageois et des prêtres) se multiplient, débouchant sur des peines immédiatement exécutoires. Le chanoine Veillet, moins d'un siècle après, évoque 600 condamnations à mort. Les estimations actuelles sont plus nuancées : une centaine d'exécutions au plus. L'importance de la répression a entraîné des réactions de plusieurs ordres : la terreur et la fuite, des émeutes et un redoublement des dénonciations suivi de recours à des procédures. Voyant la situation empirer, l'évêque de Bayonne Bertrand d'Echaux, demande l'interruption de la mission d'enquête.

En 1612, Pierre de Lancre publie un récit détaillé de la situation qu'il a observée en Labourd ainsi que des enquêtes et interrogatoires qu'il a conduit, le Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons, où il est amplement traité des sorciers et de la sorcellerie. L'ouvrage permet, au-delà de la mécanique intellectuelle implacable et terrifiante du magistrat, d'avoir une bonne connaissance de ces événements tragiques qui ont profondément marqué l'esprit des contemporains.

C'est à partir de ce livre qu'est conçue en 1938 la salle de la sorcellerie au Musée basque, destinée à " représenter le sabbat tel que l'ont vu et décrit les nombreux Basques interrogés en 1609 par la commission royale que présidait le Conseiller Pierre de Lancre (*) . Confiée à José Gonzales de la Peña, elle se compose de 18 panneaux illustrant chacun une scène du sabbat, le fond étant constitué d'une " vue d'ensemble du sabbat " à laquelle assistent, en costumes de l'époque, les membres de l'équipe fondatrice du Musée basque. Au centre de la pièce, sur le parquet recouvert de sable, étaient installés un chaudron et un balai.

(*)" Les peintures de José de la Peña dans la salle de la sorcellerie ", Bulletin du Musée Basque, n° 1-2, 1938, pp. 225-231.


Du 26 juin au 27 août 2006
Entrée payante, 2e étage du Musée
Musée Basque / Maison Dagourette 37 Quai des Corsaires
POUR EN SAVOIR PLUS > infos : 05 59 46 61 85

 
LA TOILETTE POUR LE SABBAT, Marie Dindarte, de Sare, 17 ans (De Lancre, Livres 97,116) a tiré d'un coffre un pot qui contient un onguent dont elle se graisse le corps pour aller au sabbat, où elle sera transportée par les airs, dans la nuit du 27 Septembre 1609. Décor : cuisine basque avec le banc des maîtres ou " zuzulu " au côté de la cheminée, le coffre ou " kutxa ", l'évier…
Les sorcières de José Gonzales de la Peña Les sorcières de José Gonzales de la Peña
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LA CONVOCATION AU SABBAT, Anduiste de Siboro porte les "assignations à comparoir au Sabbat". (Déposition de Jeannette d'Abadie. De Lancre, Livre 95). Une rue sur le quai de Ciboure ; un vieillard parle mystérieusement â deux ou trois femmes vieilles ou jeunes, réunies sur le seuil d'une maison.
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