" Les
stèles discoïdales basques redécouvertes par Maurice Schmidt (Dessins
1940-1950) "
Exposition du 7 avril au 16 juillet 2006
Le parcours de l'Alsacien Maurice
Schmidt (Mulhouse 1919-Bayonne 1997) est celui d'un militaire
humaniste.
Résistant en 1942, membre de la Commission d'armistice en Indochine
puis général en 1973, il fut chargé à partir de 1975 de l'organisation
des cérémonies militaires nationales et internationales, œuvrant
notamment pour la réconciliation franco-allemande à travers la
rencontre de Verdun qu'il orchestre en 1986.
Erudit, passionné par tous les productions artistiques, de l'art
khmer aux stèles discoïdales basques en passant par l'art du Maghreb,
il fut un conférencier apprécié et l'initiateur de voyages culturels.
Fasciné par la puissance décorative et le graphisme des stèles
basques qu'il découvre abandonnées dans les cimetières à partir
de 1940, il entreprend une longue série de relevés représentant
au total plus de 700 dessins.
Ce travail d'inventaire, qui concerne les trois provinces de Labourd,
Basse-Navarre et Soule, constitue un ensemble inédit, particulièrement
précieux pour l'étude de la stèle basque, en complément des recensements
effectués par Louis Colas dans les années 1910 et par l'ethnologue
José Miguel de Barandiaran dans les années 1950.
L'association Lauburu, à laquelle ces dessins ont été présentés
pour la première fois dans les années 1990, a permis d'en révéler
tout l'intérêt pour la connaissance de l'art funéraire basque.
Madame Mayi Schmidt-Lissarague, vient de faire don au Musée Basque
et de l'Histoire de Bayonne des 12 cahiers de dessins de son mari
contenant l'ensemble de ses travaux sur la stèle basque (dessins
et cahiers de notes dans lesquels il analyse différentes facettes
de cette production).
Présentés dans des vitrines, ces dessins sont mis en perspective
avec d'autres regards sur la stèle : celui des artistes du XIXe
siècle séduits par leur étrangeté ou la beauté mélancolique des
sites où elles se dressent, celui de Louis Colas qui met en place
le premier inventaire, enfin les travaux de l'association Lauburu,
qui ne se contente plus de recenser l'existant mais s'efforce
de relancer l'usage de la stèle à travers des créations nouvelles
et le développement des cimetières paysagers.
Cette dernière démarche, bien au-delà d'une imitation stérile
du passé, cherche à retrouver aujourd'hui la force expressive
et la sensibilité si particulières que l'art des stèles avait
su donner au geste universel de l'édification d'un monument face
à la mort.
Elle traduit ainsi la valeur et le sens que peut prendre un héritage
patrimonial : comprendre l'autre, intégrer son expérience et la
faire fructifier au présent.
Le dimanche 7 mai, à 15 h 30 (entrée libre) :
Dans le cadre de l'exposition, 2nd atelier de création
sur la stèle (après la première rencontre du 4 décembre 2005 avec les
sculpteurs Christiane Giraud et Régis Pochelu) en collaboration avec
la Société des Amis du Musée Basque et l'association Lauburu :
Rencontre et discussion avec des artistes autour de la création contemporaine
dans le domaine de l'art funéraire.
- Comment concevoir un monument aujourd'hui ?
- Comment traduire dans un langage moderne des symboles anciens mais
universels ?
- Quelles sources d'inspiration ?
- Comment transcrire en image une émotion, un sentiment ?
Du 7 avril au 16 juillet 2006
Salle d'exposition du rez-de-chaussée (entrée libre)
Musée Basque / Maison Dagourette Quai des Corsaires
POUR EN SAVOIR PLUS > infos : 05 59 46 61 85