CHRISTINE ETCHEVERS : Travaux récents autour de la stèle Du 16 février au 20 mai 2007, entrée gratuite
Christine Etchevers a planté son atelier à Cambo sur les hauteurs de Paskaleku, face au panorama des montagnes où dominent l'Artzamendi et le Mundarrain.
Elle trouve ses racines sur cette terre où son arrière-grand-mère, Maria Josefa Lizarraga, vivait.
Dans deux maisons en bois, l'une pour habiter, l'autre pour travailler, face aux vieux chênes, Christine traduit par le dessin, la couleur et la matière la richesse de la nature qui l'entoure avec une verve expressive
Etchevers travaille la toile par terre à l'encre de chine et à l'acrylique. Elle tourne autour à la recherche d'une composition dynamique mais équilibrée. A l'exception des stèles construites avec une forme précise, ses autres peintures s'offrent facilement au spectateur dans tous les sens. Le froissement du papier ou de la toile peinte ajoute une densité matérielle à l'œuvre, qui de peinture devient peu à peu sculpture, surtout si la forme finale évoque la stèle discoïdale ou tabulaire.
La vibration cosmique de ses toiles s'approche des compositions abstraites de Wassily Kandisky dans les années 1910, quand la puissance graphique compense la décantation des formes. Les formes reviennent en volume, avec une fantaisie ludique, dans les créations céramiques de Christine Etchevers où l'originalité de l'objet est décuplée par l'invention graphique et la verve colorée.
Vie animale
" On a beaucoup à apprendre des animaux, dit-elle, et dans la nature on est obligé d'être contemplatif. Toute la journée, je les observe. Ils marquent leur territoire. J'ai appris que la bergeronnette avait un langage avec une grammaire, presque comme les humains. Il y a aussi les minéraux, les pierres. "
Pierre vivante
" Je sais que la pierre est vivante, que tout est vivant, qu'on fait partie de l'univers. J'aimerais faire passer ça dans ma peinture. J'essaie de montrer qu'on est de passage sur la terre, que la vie est très belle même si l'enfer y est parfois. Avec mes peintures, j'emploie des symboles et il y en a un qui représente toujours l'être humain, petit, avec l'autre, symbolique, qui est la spirale, le cosmos. "
Pourquoi la stèle ?
La stèle discoïdale fut utilisée à différentes époques et dans différents lieux bien avant les stèles funéraires connues en Pays basque Nord. Durant la protohistoire, il existe déjà des discoïdales en Pays basque Sud. Très tôt le cercle est un motif privilégié de la culture basque. Christine Etchevers a choisi d'interroger cet objet pictural, signe fort de l'identité locale, à travers le prisme de l'abstraction qui voit l'art informel s'opposer à l'art formel. La justification de l'œuvre se trouve dans l'alliance d'une composition rigoureuse et d'une expression spontanée.
Repère biographique
Née à Bayonne en 1953, Christine Etchevers a mené des études aux écoles des Beaux-Arts de Pau et de Bordeaux en 1970 - 1975. Elle expose en collectif ou individuellement depuis 1978.
Médaille d'argent de la Ville de Bordeaux en 1980. Premier prix de la Jeune peinture française à Biarritz en 1989. Elle reçoit, la même année, le prix Imagination de l'Académie européenne des Arts.
Médaille du Salon de Toulouse-Hispania, médaille d'argent de la Ville de Toulouse.
CITATIONS
Feu et Terre
"Dans les années 1990, Christine Etchevers entame une
œuvre de céramiste qui est un prolongement logique de son travail
de peintre, sur un nouveau support qui privilégie le volume." Jean-François Larralde
"Elle crée une céramique délicate et splendide, chargée
de couleurs bleue, ocre et grenat… L'œuvre s'apparente au meilleur
de Miró, Zumeta ou Gaudí." Edorta Kortadi Olano
Signes et symboles
"Christine Etchevers a mis au point un langage pictural
composé de signes et de symboles élémentaires. Comme autant
d'étapes d'un vaste cycle de réincarnations, elle a d'abord
peint des toiles dans un esprit fantastique, voire surréaliste,
avant d'imbriquer des signes aux formes réduites et condensées.
(…) Son iconographie se caractérise par l'emploi rituel de la
spirale qui marque ici la permanence de l'être, de l'équilibre
au sein du changement, de la croix comme symbole fondamental
de la terre, du triangle comme symbole d'harmonie, du cercle
au mouvement parfait, sans commencement ni fin, des chiffres
comme supports du rêve, du fantasme, des lettres dotées d'une
puissance créatrice et d'une valeur symbolique et numérique
vécues ici comme une formalisation de l'acte esthétique. Son
personnage archétypal se présente sous les traits d'un petit
bonhomme qui nous apparaît comme une synthèse du monde, un modèle
réduit de l'univers, un microcosme. Ce petit bonhomme ne se
définit dans l'espace du tableau, c'est-à-dire le monde, et
le monde ne se définit pour lui, que par leurs rapports réciproques
et l'être humain symbolise ici un nœud de rapports cosmiques.
(…) L'introduction de l'écriture dans le dessin puis dans la
peinture joue à la fois sur le plan plastique et sur la signification
des formes. Son système d'écriture picturale repose sur la combinaison
de signes figuratifs et de signes symboliques, de hiéroglyphes
et d'idéogrammes. Ses signes idéographiques peuvent être figuratifs
et parlent d'eux-mêmes. Ils peuvent être symboliques et expriment
des idées abstraites indiquées par des images conventionnelles
ou allégoriques." Jean-François Larralde
Du 16 février au 20 mai 2007
Gratuit, en accès libre au rez-de-chaussée
Musée Basque / Maison Dagourette 37 Quai des Corsaires
POUR EN SAVOIR PLUS > infos : 05 59 46 61 85
Portrait de l'artiste par Florence DOUYROU - Stèle "LUR I"