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Quittant Paris et les alarmes de la guerre
récemment déclarée, Jules Delvincourt s'installe définitivement
à Bayonne à l'automne 1939. Il avait déjà eu l'occasion de peindre
la ville à plusieurs reprises, profitant de séjours dans la
famille de sa femme, originaire de la région.
Elève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris,
Jules Delvincourt reçoit l'enseignement de Gustave Moreau et
Léon Bonnat.
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Il abandonne bientôt la grande peinture pour la peinture décorative
plus rémunératrice, mais garde cependant un jardin secret :
celui de la peinture pure hors des voies académiques, où aucune
convention ne retient son pinceau. Réceptif avant tout à l'impression
du moment, il laissait aller sa sensibilité dans l'enregistrement
des couleurs et de la lumière, s'affranchissant de toute théorie
ou règle spécifique.
L'émotion et le sentiment l'emportaient sur la précision du
dessin et de la perspective. L'influence d'un de ses amis, le
peintre indépendant Henri Charrier, Prix de Rome, lui-même proche
de Claude Monet, est perceptible dans ses tableaux.
En peignant librement les bords de l'Adour
et de la Nive, Jules Delvincourt retrouve la vibration colorée
de Monet et Sisley.
Il pose avec décision chaque touche de couleur vive qui se fond
avec ses voisines. Les bleus se nuancent de mauves, les violets
se réchauffent de roses et de rouges, les jaunes partent vers
l'oranger ou vers un ton gris plus froid.
Delvincourt figure les paysages des environs de Bayonne à toutes
les heures du jour, du matin plus rose que bleu au plein midi
de clarté éblouissante, jusqu'aux soirs où s'estompe l'éclat
pourpre du soleil.
Le pittoresque des tours médiévales de l'enceinte fortifiée
de Bayonne ne l'intéresse que par l'ombre et la lumière qui
jouent sur les vieilles pierres et les tuiles brunes.
Sur l'une de ces 12 vues de Bayonne et ses
alentours apparaît l'ancien " Pont Blanc ", ouvrage ferroviaire
qui enjambait la Nive en amont de Bayonne vers la plaine d'Ansot,
détruit dans les années 1950.
Sur ce même emplacement, une nouvelle passerelle piétonne vient
juste d'être mise en place.
Traces d'instants fugitifs, de lumières et d'impressions, les
tableaux de Jules Delvincourt sont également le témoignage de
l'évolution de l'urbanisme bayonnais :
Le " Pont Blanc " sur la Nive… De la voie
ferroviaire à la passerelle piétonne
Depuis l'après-guerre, une pile de pierre,
plantée au milieu de la rivière, intriguait les promeneurs des
bords de Nive, qui parcouraient le chemin de halage, après le
domaine de Lauga, jusqu'aux terrains de La Floride, face à la
plaine d'Ansot.
Dans le cadre de la mise en valeur environnementale de cette
plaine, une passerelle métallique pour piétons a été posée en
2006 sur la pile esseulée autorisant à nouveau le franchissement
de la Nive.
Elle remplace l'ancien pont " Aita Churria " (ainsi nommé sur
les plans et archives), littéralement le pont " du Père Blanc
" (contracté en " Pont Blanc "), sans que l'on connaisse l'origine
de cette appellation.
Le premier pont était un ouvrage uniquement
ferroviaire, d'un modèle Gustave Eiffel, construit au début
du XXe siècle pour le compte de la Compagnie du Midi, probablement
par Henri Mautalen, ingénieur des Ponts et Chaussées.
Il servait à la ligne de chemin de fer destinée au port de Bayonne,
qui reliait la rive gauche de l'Adour à la ligne de Saint-Jean-Pied-de-Port.
Cette ligne dite " du charbon " permettait d'amener des poteaux
aux mines de Banca, et d'en ramener le minerai afin de le décharger
sur le quai des Allées Marines ou à Blancpignon.
La voie ayant été abandonnée, le pont fut démantelé au début
des années 1950.
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