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Pays Basque 1860-1930 Un monde intemporel ?
Photographies anciennes dans les collections du Musée Basque
Exposition du 11 juillet au 9 novembre 2008


PaysBasque-1860-1930

Collectées dès la création du Musée en 1922, les photographies anciennes constituent aujourd’hui un ensemble de plus de 5.000 images, composé de plaques de verre, de tirages sur papier et de cartes postales allant des années 1860 à la veille de la Seconde Guerre Mondiale. Comme tout objet de musée, ces documents ont d’abord valeur de témoignage, ils rendent compte de modes de vie, de pratiques et de savoir faire anciens tout en restituant une image des paysages urbains et ruraux du passé.

PaysBasque-1860-1930

La photographie n’est cependant pas qu’un simple reflet du réel. Par le choix du sujet et la composition de l’image, tout photographe opère une sélection sur le monde qui l’entoure, enregistre certains éléments et en laisse d’autres dans l’ombre. En cela la photographie est autant le témoignage d’une certaine réalité que l’expression d’une reconstruction du monde par l’image. Elle porte la marque de l’intention du photographe (informer, inventorier, émouvoir, célébrer, dénoncer, etc.), de son imaginaire et de celui de son temps. Ce que la photographie montre, ce n’est pas la réalité telle qu’elle est, mais la réalité telle que l’a vue le photographe.

Par sa diffusion massive, sans rapport avec celle des modes de représentation antérieurs, c’est la photographie qui a révélé et imposé l’image des territoires à partir de la fin du XIXe siècle. Pour le Pays Basque de France, elle a servi d’illustration aux discours dominants de l’époque qui, à la suite de Pierre Loti, évoquaient cette terre comme un espace hors du temps, havre de paix à l’abri des tourments et de l’uniformisation du monde moderne. A travers un répertoire de figures pittoresques et emblématiques, elle a semblé ainsi entériner la vision élégiaque d’un monde rural intemporel. Le fonds photographique ancien du Musée, par son ampleur et sa diversité, peut nous permettre d’aller au-delà de ces images standardisées et de retrouver les étapes principales de l’invention du Pays Basque par la photographie, entre mythes et réalités.

J. et J. Soupre - Maison Olhagaraya à Helbarron, Saint-Pée-sur-Nivelle. Vers 1925

L’exposition a ainsi une double ambition : montrer le pouvoir documentaire de la photographie, en installant dans chaque salle du musée une sélection d’images qui permette de replacer les objets présentés au musée dans le contexte de leur utilisation, aidant ainsi à mieux les comprendre ; témoigner d’une histoire du regard sur le Pays Basque, en s’intéressant au rôle joué par la photographie dans cette période charnière, 1860-1930, pendant laquelle se sont fixées, pour longtemps, les représentations du Pays Basque par l’image. L’exposition rassemble près de 300 images.

Source pour la recherche et support pour la connaissance, ce fonds est également porteur, par la magie de l’acte photographique, d’un fort pouvoir d’enchantement, d’évasion et de méditation. La présentation qui en est faite dans cette exposition a souhaité rendre possible l’appréhension de chacune de ces dimensions, documentaire, esthétique et sensible de la photographie.

Matériel ayant servi à plusieurs générations de photographes bayonnais depuis 1891 (Tewis Michelsen puis Pierre Gelly à partir de 1904). Prêt de Mr Gérard Laulhé, petit-fils de Pierre Gelly.

En fin de parcours le visiteur est invité à continuer son itinéraire dans la collection et le temps à travers les 3.000 photographies de ce fonds numérisées pour l’exposition avec le concours du Ministère de la Culture, mises à disposition du public sur des postes informatiques. Cette base de données sera accessible sur le site Internet du musée courant septembre. Un catalogue bilingue de 180 pages viendra également compléter la mise en valeur du fonds photographique à la fin de l’été.

La porteuse de pegarra, naissance d'un stéréotype.

1860-1930, Réalités et fictions d’un territoire

La manière dont nous nous représentons les cultures régionales est encore largement tributaire d’images anciennes et de mythes locaux forgés à la fin du XIXe siècle. L’iconographie du Pays Basque qui s’est imposée dans l’imaginaire collectif est majoritairement celle d’un monde rural paisible, traversé par une série de figures emblématiques : le bouvier, la porteuse d’eau, le sandalier, le paysan au makila, le pelotari, etc. Ces motifs intemporels, qui excluent toute trace de modernité et ne font pas référence au contexte urbain, apparaissent d’abord par l’intermédiaire de la photographie avant d’être repris par la peinture et les arts décoratifs dans les années 1920. Si la vie des campagnes est effectivement marquée pendant cette période par une relative permanence (dans les modes de production, dans l’outillage), l’omniprésence de ces thèmes finit par fausser la perception de la réalité historique, contribuant à transmettre l’image idyllique d’un territoire hors du temps.

Bien qu’elle ait été l’un des supports de cette vision, la photographie permet également, par l’ampleur et la diversité de sa pratique, de la relativiser et de la nuancer. De nombreux clichés restituent ainsi du monde rural une réalité plus juste, où les travaux des champs apparaissent dans toute leur âpreté, loin de l’image d’un prétendu paradis pastoral. La photographie a par ailleurs enregistré les premières traces de modernisation dans les campagnes, la naissance de petites industries locales ou les signes de la révolution des transports. Dans le milieu urbain qui constitue leur environnement immédiat, les photographes ont suivi la transformation des infrastructures et des paysages. Enfin, parce qu’elle a depuis son origine un lien étroit avec le tourisme (en 1840 déjà, Théophile Gautier voyage en Espagne avec un appareil pour daguerréotypes), la photographie témoigne progressivement d’une mutation des usages du territoire qui va profondément marquer le Pays Basque de France.

La salle dédiée à la maison PaysBasque-1860-1930 Naissance d'un regard pré-ethnographique avec A. Delaunet vers 1870.

Mur de photos

Crédits

EXPOSITION

Commissariat
Jacques Battesti Attaché de conservation

Recherches, sélection et rédaction
Jacques Battesti
Maider Etchepare-Jaureguy Assistante qualifiée de conservation

Recherches documentaires
Marie-Hélène Deliart Assistante qualifiée de conservation
Marie Bigand Chargée du récolement
Evelyne Bacardatz Responsable des Archives historiques de Bayonne

Traductions Xabier Kerexeta

Relectures en basque
Marie-Hélène Deliart

Scénographie
Equipe technique du Musée Basque et de l'histoire de Bayonne

Production et montage
Alain Arnold, Philippe Linkemper

Multimédia et éclairage
Kristian Larralde

Accueil et surveillance René Dermit, Stéphane Duprat, Thierry Elissalde, Xalbat Etchegoinberry, Richard Gabriel, Jean-Paul Ladevèze, Haize Othondo, Maïté Péchereau.

Communication et promotion de l'exposition
Jean Idiart

NUMéRISATION ET PUBLICATION INTERNET

Numérisation et mise en ligne
Patrice Claverie
Alain Arnold
A & A Partners

Suivi de l'indexation
Marie Bigand

La numérisation et la publication Internet du fonds photographique ancien ont bénéficié du soutien du Programme national de numérisation du Ministère de la Culture et de la Communication.

REMERCIEMENTS

Archives Municipales de Bayonne ; Evelyne Bacardatz ; Patrice Claverie ; Mano Curutcharry ; Lucia Dore-Ivanovitch ; Xabier Kerexeta ; Gérard Laulhé ; Musée historique de Biarritz (Josette Cazaux, Pierre Laborde, Jacques Soteras) ; Françoise Sala.

Informations pratiques

Musée Basque et de l'histoire de Bayonne
37, quai des Corsaires
64100 Bayonne
Tel : 33 (0)5 59 59 08 98
Fax : 33 (0)5 59 25 73 38
Courriel : musee.basque@musee-basque.fr

L'exposition est ouverte
tous les jours en juillet et août,
de 10 h à 18 h 30,
nocturne gratuite le mercredi de 18 h 30 à 21 h 30

tous les jours sauf le lundi et les jours fériés du 2 septembre au 9 novembre
de 10 h à 18 h 30

Tarifs :
Entrée comprise dans le billet d'accès aux collections permanentes : 5,5 €
Tarif réduit : 3 €
· Etudiants
· Handicapés

Groupe (à partir de 15 adultes) : 4,5 €

Gratuité :
· Premier dimanche du mois (sauf juillet et août)
· Jeunes de moins de 18 ans.
· Etablissements scolaires de Bayonne ; classes dans le cadre du module pédagogique proposé par Argitu
· Etudiants en Histoire de l'Art et Archéologique
· 3e age sur présentation de carte délivrée par la Ville de Bayonne
· Résidants Bayonnais demandeurs d'emploi ou bénéficiaires du RMI (justificatif)
· Possesseurs de cartes professionnelles de musées (conservateurs, ICOM)




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