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La présentation des principales sculptures de l'artiste au rez-de- chaussée de la Maison Dagourette à  Bayonne est l'occasion d'un dialogue entre l'esprit d'un noble lieu d'architecture rustique et une création sculptée à  partir du bois, émouvante par  sa sincérité et sa force primitivepuisées dans la tradition basque.

Zigor aime le bois, sa mati ère, sa souplesse, sa couleur, sa patine. Il le sculpte mais il accompagne la forme naturelle en détruisant le moins possible l'invention de la vie. l'artiste recherche une communion avec la nature, physiquement et intellectuellement : promenades en montagne ou en forêt, contact avec la matière, et surtout exercice de l'oeil découvrant des formes qui parlent à  l'esprit. Si le ciseau brutalise, c'est pour retrouver une expression suggérée par l'arbre en accord avec la richesse panthéiste du monde. Les matériaux, disposés sous le ciel par le hasard et la nécessité, concourent à  la création des formes. Les  éléments façonnent l'identité plastique de la surface planétaire : l'eau, l'air et le feu se mêlent à  la terre et à  son attraction. La vie émerge et s'épanouit dans cette contrainte. La lumière nuance par de multiples variations la construction issue du chaos originel. L'unité du monde n'est cependant sensible qu'au cerveau humain en quête de vérité et incidemment de beauté.

Le végétal imite quelquefois le minéral. l'artiste découvre les formes incertaines des amoncellements de galets sur la plage ou dans le torrent, pierres arrondies par le polissage du mouvement de l'eau et momenta nément stabilisées en un équilibre incertain. Le bois avec ses pourris sements d'automne alternés avec la sève de printemps, emprunte parfois au vocabulaire minéral. l'homme participe à  cette confusion formelle, avec la coupe périodique des bois, rejoignant l'arra che ment des tempêtes, brisant les branches, rendant possible noeuds et boursouflures à  la surface de l'arbre, concrétions mêlées de mousses et de lichens.

Au long des chemins de montagne, l'homme participe à  l'arrangement de la nature, par exemple en entassant les pierres en monticules. Le cairn celtique est devenu un «  kerne » basque sous la main de Zigor qui juxtapose plusieurs bois travaillés en de savants équilibres.

Kepa Akixo, dit Zigor, est né à  Aretxabaleta (Guipuzcoa) en 1947. Il écrit de la poésie en langue basque depuis 1968 et ses premiers cahiers sont publiés en 1973. Il parcourt le monde jusqu'en 1982 comme reporter photographe.
A partir de 1983, il sculpte le bois dans son atelier de Biarritz. C'est de voir travailler Remigio Mendiburu à  Fontarabie qui le décide à  s'adonner totalement à  la sculpture, avec une expression personnelle qui l'éloigne de son inspirateur. Il expose dans son village natal et surtout à  Biarritz et Bilbao. C'est sa première exposition monographique à  Bayonne.

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